Actualités
Article
Juin 2026

Restauration hors foyer : quatre angles morts de la transition environnementale

Salle de restaurant avec tables dressées

7 milliards de repas par an. C'est ce que nous consommons collectivement en France hors de nos foyers — un marché de 100 milliards d'euros, en forte croissance depuis l'après-Covid. Mais à la lecture du dernier rapport de FranceAgriMer (données Circana) sur le sujet, la restauration hors foyer (RHF) a encore du chemin à parcourir : les premiers critères de choix restent la disponibilité du produit et le prix. Les enjeux environnementaux ont pourtant déjà des effets concrets sur la filière.

1
Une exposition frontale à la raréfaction des ressources

Le changement climatique et les réglementations perturbent déjà les approvisionnements : le rapport mentionne une baisse de 70% des quotas mondiaux de cabillaud. La réponse du secteur reste insuffisante, tournée en partie vers l'aquaculture ou le surgelé, sans réellement repenser une consommation plus responsable et diversifiée des espèces.

2
Le mirage de la souveraineté alimentaire

La souveraineté alimentaire est un thème à la mode, mais la réalité de la restauration commerciale est tout autre : au minimum 44% du bœuf et 52% de la volaille consommés au restaurant sont d'origine étrangère ou non tracée. À quand une extension claire de l'affichage Origin'Info en RHF, visible sans devoir la chercher aux quatre coins du restaurant ?

3
Un angle mort carbone sous-estimé

Avec environ 14 MtCO2e émis, la restauration hors domicile représente 10% de l'impact carbone de l'ensemble de notre alimentation (Haut Conseil pour le Climat, 2023). Cet enjeu est connecté aux deux précédents : l'impact carbone peut être jusqu'à 2,5 fois supérieur pour un bœuf brésilien comparé à un bœuf français (Kim et al., 2020). Au-delà des origines, l'équilibre entre protéines animales et végétales — un levier aussi économique — n'est pas traité dans le rapport.

4
Deux poids, deux mesures : le privé attend la loi

La réglementation fonctionne : sous l'impulsion de la loi EGAlim, la restauration collective a fait passer la part des viandes labellisées (Bio, Label Rouge, Bleu-Blanc-Cœur...) de 3,7% à 6,3% en trois ans. À l'inverse, en restauration commerciale, le label n'est pas un critère de choix. À quand davantage d'incitations, voire de contraintes réglementaires, pour les acteurs privés de la RHF ?

Avec 7 milliards de repas annuels, la RHF a un rôle à jouer dans la transition environnementale de nos fermes et de nos assiettes.

Source : FranceAgriMer / Circana

Therismo Conseil

Cabinet de conseil en transition environnementale pour l'agriculture et l'agroalimentaire.

Contact
contact@therismo.com+33 6 18 52 54 49
60 rue François 1er
75008 Paris
© 2026 Therismo Conseil — SAS au capital de 2 500 €